Faire du BRUIT !

Je me suis offert deux cartes postales de Ritournelle hier. Une sur laquelle une petite fille offre une fleur à un monstre noir, et une sur laquelle une petite fille crie « faire du BRUIT » !

Elles représentent bien mon enfance. J’étais à l’aise avec mes monstres, et pas avec les petites filles monstrueuses de mon école qui se moquaient de moi toujours.

Aussi, j’ai beaucoup de souvenirs de chez mes parents. J’avais l’impression que ma soeur et moi n’avions jamais le droit de faire du bruit, de nous exprimer. C’est une impression d’enfant, je le sais, mais qui est cependant bien ancrée en moi. Je me souviens aussi, au mot près, des reproches de mes parents qui trouvaient que j’étais trop bruyante. Je marchais trop fort, je respirais trop fort, je me cognais partout et était d’une maladresse sans égale, ça les agaçait énormément. Je comprends, cela devait être épuisant. Mais en tant qu’enfant, j’avais l’impression d’être un poisson rouge dans un bocal qui se cognait contre des parois en verre trop étroites et trompeuses.

wow… trop cool !

Sachez qu’à chaque fois que j’ai un.e nouvel.le abonné.e, c’est ce que je crie. Que ce soit ici, ou encore mieux, sur mon blog perso. C’est fou. Je me dis, ouais, c’est vraiment fou que des « gens » aiment bien ce que j’écris. Peut-être que vous vous reconnaissez dans ma mélancolie ? Ou peut-être pas, et vous voulez être gentil.les. Trop à choisir. Je vous aime tou.te.s. J’adore écrire, merci de me suivre, merci de me donner de la force, et merci d’être vous.

mon frère

Tu me manques aujourd’hui, c’est dingue. Ce matin ma première pensée fût pour toi. Je me souviens de toutes les fois où j’avais la chance de me réveiller à côté de toi, de toute les chances où tu me prenais dans tes bras. Je sais que j’aimais pas trop ça, parce que t’étais vraiment trop grand et que je me cassais le cou à te regarder, vue d’en bas. Que quand j’étais un peu pompette, je ne pouvais pas m’appuyer sur ton bras puisque ton coude m’arrivait à la tête. Ouais, je te grandis, mais je te maudis aussi d’être parti. Comme ça, comme un lâche, sans m’avoir dit que tu allais mourir, merde à la fin, connard.

Je veux maintenant me blottir contre toi. Dormir avec toi encore. Regarder nos émissions. Regarder nos comédiens. Regarder les sketchs qui ne faisaient rire que nous, parce que l’humour absurde, personne n’aime. Je t’aime et je ne te l’ai pas assez dit, ça fait cliché mais c’est vrai. Tu me manques à m’appeler “la princesse du chaos”, “la fille de la mélancolie”. Tu me manques à ne pas comprendre ma dépression, et à me demander d’aller mieux. Tu me manques avec ton accent toulousain de merde. Tu me manques à m’ignorer quand tu me regardais dessiner, parce que tu avais horreur de mes dessins et que tu avais aussi horreur de dire que mes dessins étaient moches.

Tu m’énerves, tu m’énerves, tu m’énerves à être parti. Mais tu sais, tant que tu viens pas me le dire, moi je te crois pas, alors. Alors fais le mort, vas-y, si ça t’amuses !! Moi je t’attends chez moi. Comme toujours. Tu viens quand tu veux me dire qu’en fait, c’était une blague. Et tu sais que je vais pas mal le prendre : j’adore l’humour absurde.

Aussi publié sur lesmauvaisjours, mon blog personnel.

Le mal a dit

« Oh la la, tu parles quand même beaucoup de ton corps malade ». « Ah, tu as aussi ça qui te va pas ! » « Mais y a rien qui va dans ton corps, oh oh oh », « Oh ça va, tu n’es pas non plus handicapée ». « Ben te plaint pas, tes maladies au moins elles ne se voient pas ». Ou les pires ; « Vous êtes jeunes donc vous avez la santé, mademoiselle », « Non mais, elle exagère, y a rien de grave ». « Vous avez si mal que ça ? »

Ben non connard. J’invente, moi j’adore ça, inventer des trucs. Ouais c’est vrai, ça me ferait pas super plaisir d’avoir un corps en bonne santé. C’est vrai que j’adore rester des heures dans un hôpital en attendant mon tour pour rentrer dans un tube qui teste bien ma claustrophobie. J’adore ne pas pouvoir faire de la course à pieds, ne pas pouvoir faire de l’équitation, ne pas pouvoir faire de manèges à sensations, ne rien pouvoir faire sans peut-être finir alitée pendant des semaines. J’adore ne pas pouvoir porter mes sacs de courses. J’adore que l’on me prenne pour une jeunette, ouais, mais j’adore surtout que l’on me rappelle bien que je devrais avoir la santé. J’adore ouvrir mon agenda et voir 40 milles RDV chez différents médecins, et changer toujours parce qu’ils ne trouvent jamais pourquoi j’ai mal. J’adore prendre mes vacances en fonction de la non-présence des RDV médicaux.

Alors, c’est vrai, je suis pas en train de mourir. C’est vrai, je ne suis pas à l’hôpital toujours. C’est vrai, j’ai ma semi liberté. Je n’ai jamais dit le contraire en fait. Juste laisse-moi m’exprimer comme je l’entends quand je parle de mon corps qui est, oui, malade, oui, souffrant, oui, fatigué.

Ta gueule, connard.

L’ignorance tue

Je suis féministe. Je suis féminicidophobe. A chaque fois que je lis quelque part « une femme, encore tuée sous les coups de son mari / son ex-conjoint », mon coeur se serre. Je ne peux m’empêcher de retenir mes larmes. Cette femme c’est toi, cette femme c’est nous, cette femme c’est moi.

Ce qui me fascine est la façon dont on occulte habilement le fait que les maris et les exs tuent, mais l’ignorance encore plus. C’est de l’ignorance que j’ai le plus souffert lorsque je fus victime d’un malade. Et j’en suis encore victime, de ce malade. Il me harcèle. Il me guette. Il m’épie. Il me cherche. Il rentre par effraction chez mes parents. Et pourtant. Pourtant je n’ai fait que de lancer des appels au secours, de très clairs messages de détresse, auxquels on répondait que ce n’est pas si grave et que j’exagère. Tout le monde se tait soudainement. C’est un peu honteux, un peu bancal, ‘mais qui on doit croire nous…’ ‘tu comprends, c’est vos histoires…’ On ne m’a cru que 4 fois. On ne m’a défendu qu’une fois. merci à ces 4 personnes qui ont osé le boycotter, et merci à ces anges de m’avoir soutenu. C’est du soutien dont nous avons besoin, c’est de la protection, de la sécurité. Et cela passe par le fait que nous devons être entendues, prises au sérieux et crues.

J’ai toujours peur quand je suis seule dans la rue. J’ai peur chez moi, qu’il me retrouve, comme il a retrouvé toutes mes autres adresses. J’ai peur qu’une de mes connaissances ne lui donne mon numéro ou mon adresse postale, car si on ne me croit pas, pourquoi me protéger ? J’ai peur constamment. J’ai aussi très peur d’aller porter plainte. J’ai peur que, comme ma « famille » et mes « ami.e.s », on ne me croit pas…

Heureusement il y a ces anges. Ma tante et ma grand-mère. Mon meilleur ami et mes 3 meilleures amies. Et qui d’autre, alors que j’ai alerté le monde entier ? Personne. Remettez-vous en question.

Tu es cette femme que l’on tue. On ne mérite pas le viol. On ne mérite pas le harcèlement. On ne mérite pas d’être traquées, chassées, retrouvées. On ne mérite pas de se cacher. On ne mérite pas de trembler. On ne mérite pas les coups. On ne mérite pas la mort.

Nouveaux projets

J’ai décidé d’arrêter de m’en vouloir. Je me suis retrouvée. J’ai pleuré un bon coup. J’ai fait le deuil de mes phobies. J’ai fait le deuil de mes mauvaises habitudes. J’ai fait le deuil de mes addictions. J’ai fait le deuil de l’ancienne Chloé.

Je suis nouvelle dans ma peau. J’ai l’âme plus légère parce que je suis moi. Je n’ai plus peur du jugement des autres, je n’ai plus peur de ma famille, je n’ai plus peur de moi-même. Je suis enfin moi et cela me fait du bien.

Ma dépression est toujours là, je devrais vraiment arrêter de vouloir l’évincer. J’ai encore rêvé que je pouvais traverser les murs comme un fantôme.

Je vais mieux aujourd’hui.

Différence entre déprime et dépression ?

« Je suis déprimée » et « je suis en dépression » peuvent donner l’impression de vouloir dire la même chose. Et pourtant, l’une est bien différente de l’autre ! Pour faire simple, on peut dire que la déprime est un coup de blues, tandis que la dépression est une maladie.

La déprime est un état passager. Elle peut durer un jour, 2 semaines ou 1 mois, mais ne perdure pas dans le temps. On peut la comparer à un sprint ; la dépression serait alors un marathon.

Si la déprime s’installe plusieurs mois, alors il est fortement conseillé de consulter un médecin. Si c’est trop long, on peut parler de dépression…

En résumé, les deux se ressemblent. Mais l’une (dépression) est plus lourde que l’autre (déprime).