Le mal a dit

« Oh la la, tu parles quand même beaucoup de ton corps malade ». « Ah, tu as aussi ça qui te va pas ! » « Mais y a rien qui va dans ton corps, oh oh oh », « Oh ça va, tu n’es pas non plus handicapée ». « Ben te plaint pas, tes maladies au moins elles ne se voient pas ». Ou les pires ; « Vous êtes jeunes donc vous avez la santé, mademoiselle », « Non mais, elle exagère, y a rien de grave ». « Vous avez si mal que ça ? »

Ben non connard. J’invente, moi j’adore ça, inventer des trucs. Ouais c’est vrai, ça me ferait pas super plaisir d’avoir un corps en bonne santé. C’est vrai que j’adore rester des heures dans un hôpital en attendant mon tour pour rentrer dans un tube qui teste bien ma claustrophobie. J’adore ne pas pouvoir faire de la course à pieds, ne pas pouvoir faire de l’équitation, ne pas pouvoir faire de manèges à sensations, ne rien pouvoir faire sans peut-être finir alitée pendant des semaines. J’adore ne pas pouvoir porter mes sacs de courses. J’adore que l’on me prenne pour une jeunette, ouais, mais j’adore surtout que l’on me rappelle bien que je devrais avoir la santé. J’adore ouvrir mon agenda et voir 40 milles RDV chez différents médecins, et changer toujours parce qu’ils ne trouvent jamais pourquoi j’ai mal. J’adore prendre mes vacances en fonction de la non-présence des RDV médicaux.

Alors, c’est vrai, je suis pas en train de mourir. C’est vrai, je ne suis pas à l’hôpital toujours. C’est vrai, j’ai ma semi liberté. Je n’ai jamais dit le contraire en fait. Juste laisse-moi m’exprimer comme je l’entends quand je parle de mon corps qui est, oui, malade, oui, souffrant, oui, fatigué.

Ta gueule, connard.

L’ignorance tue

Je suis féministe. Je suis féminicidophobe. A chaque fois que je lis quelque part « une femme, encore tuée sous les coups de son mari / son ex-conjoint », mon coeur se serre. Je ne peux m’empêcher de retenir mes larmes. Cette femme c’est toi, cette femme c’est nous, cette femme c’est moi.

Ce qui me fascine est la façon dont on occulte habilement le fait que les maris et les exs tuent, mais l’ignorance encore plus. C’est de l’ignorance que j’ai le plus souffert lorsque je fus victime d’un malade. Et j’en suis encore victime, de ce malade. Il me harcèle. Il me guette. Il m’épie. Il me cherche. Il rentre par effraction chez mes parents. Et pourtant. Pourtant je n’ai fait que de lancer des appels au secours, de très clairs messages de détresse, auxquels on répondait que ce n’est pas si grave et que j’exagère. Tout le monde se tait soudainement. C’est un peu honteux, un peu bancal, ‘mais qui on doit croire nous…’ ‘tu comprends, c’est vos histoires…’ On ne m’a cru que 4 fois. On ne m’a défendu qu’une fois. merci à ces 4 personnes qui ont osé le boycotter, et merci à ces anges de m’avoir soutenu. C’est du soutien dont nous avons besoin, c’est de la protection, de la sécurité. Et cela passe par le fait que nous devons être entendues, prises au sérieux et crues.

J’ai toujours peur quand je suis seule dans la rue. J’ai peur chez moi, qu’il me retrouve, comme il a retrouvé toutes mes autres adresses. J’ai peur qu’une de mes connaissances ne lui donne mon numéro ou mon adresse postale, car si on ne me croit pas, pourquoi me protéger ? J’ai peur constamment. J’ai aussi très peur d’aller porter plainte. J’ai peur que, comme ma « famille » et mes « ami.e.s », on ne me croit pas…

Heureusement il y a ces anges. Ma tante et ma grand-mère. Mon meilleur ami et mes 3 meilleures amies. Et qui d’autre, alors que j’ai alerté le monde entier ? Personne. Remettez-vous en question.

Tu es cette femme que l’on tue. On ne mérite pas le viol. On ne mérite pas le harcèlement. On ne mérite pas d’être traquées, chassées, retrouvées. On ne mérite pas de se cacher. On ne mérite pas de trembler. On ne mérite pas les coups. On ne mérite pas la mort.

Nouveaux projets

J’ai décidé d’arrêter de m’en vouloir. Je me suis retrouvée. J’ai pleuré un bon coup. J’ai fait le deuil de mes phobies. J’ai fait le deuil de mes mauvaises habitudes. J’ai fait le deuil de mes addictions. J’ai fait le deuil de l’ancienne Chloé.

Je suis nouvelle dans ma peau. J’ai l’âme plus légère parce que je suis moi. Je n’ai plus peur du jugement des autres, je n’ai plus peur de ma famille, je n’ai plus peur de moi-même. Je suis enfin moi et cela me fait du bien.

Ma dépression est toujours là, je devrais vraiment arrêter de vouloir l’évincer. J’ai encore rêvé que je pouvais traverser les murs comme un fantôme.

Je vais mieux aujourd’hui.

Différence entre déprime et dépression ?

« Je suis déprimée » et « je suis en dépression » peuvent donner l’impression de vouloir dire la même chose. Et pourtant, l’une est bien différente de l’autre ! Pour faire simple, on peut dire que la déprime est un coup de blues, tandis que la dépression est une maladie.

La déprime est un état passager. Elle peut durer un jour, 2 semaines ou 1 mois, mais ne perdure pas dans le temps. On peut la comparer à un sprint ; la dépression serait alors un marathon.

Si la déprime s’installe plusieurs mois, alors il est fortement conseillé de consulter un médecin. Si c’est trop long, on peut parler de dépression…

En résumé, les deux se ressemblent. Mais l’une (dépression) est plus lourde que l’autre (déprime).

Cauchemars

J’ai compris que, les fois où j’étais complètement bloquée dans ma vie, correspondaient au moment où je me sentais emprisonnée. Il faut à tout prix que je me laisse vivre ! Il faut que je me laisse une chance ! Il faut que je sois libre !

Très souvent je cauchemarde, et ces derniers temps je cauchemarde ceci : je n’ai pas d’appartement à moi. Je vis dans la maison de mon enfance, dans une pièce que je n’aime pas. Je vis avec des inconnu.e.s désagréables. Nos styles de vie n’arrivent pas à s’accorder. Je suis malheureuse. Et pour une raison x ou y, je ne peux pas avoir un cocon à moi.

Je n’aime pas être dépendante de quelqu’un.e, car j’ai très peur de la trahison. J’ai du mal à accepter les mains que l’on me tend.

Ne pas prendre sa douche

Ne pas avoir envie de se lever le matin fait partie de la dépression.
Ne pas avoir envie de se laver fait partie de la dépression.
Avoir faim mais avoir la flemme de se faire à manger et du coup, ne pas manger, fait partie de la dépression.
Avoir la bouche pâteuse toute la journée fait partie de la dépression.
Filtrer les appels ou rester en mode avion toute la journée fait partie de la dépression.
Ne pas aimer recevoir des appels ou SMS de ses proches fait partie de la dépression.

Et c’est ok. C’est souvent mon quotidien aussi.

Visage

Tu sais hier j’ai entendu parler d’une légende selon laquelle ;

Tu as choisi le visage que tu as aujourd’hui – pour cette vie -, car il correspond à un visage que tu appréciais dans une autre vie. Je trouve ça magnifique. Encore une raison de t’aimer. ♥