Failles, maladies et réflexions

Je ne suis pas une poupée de chiffon sans émotions. Je n’aime pas quand on me dit que « mes problèmes de santé ne sont pas graves / importants ». Je n’aime pas que les personnes plus âgées que moi se permettent des jugements, parce que je suis plus jeune et que mes maladies et handicaps sont « invisibles ».

Ce n’est pas parce que je prends bien les nouvelles sur ma santé que ma souffrance est illégitime. Ce n’est pas parce que je ne préviens pas mon entourage à chaque fois que je fais un scanner que je n’ai pas de suivi. Ce n’est pas parce que je ne me place pas en tant que victime dans mes réçits que mes douleurs sont inexistantes.

Angoisses

J’aime beaucoup commencer par un mot que je connais bien. Angoisses, angoisse(s), chères angoisses qui m’accompagnent au quotidien.

Un paradoxe dont je pensais me débarrasser à la fin de mon adolescence. Angoisses, je vous aime mais vous m’effrayez fort. Alors, soit j’aime ce qui me torture, soit je n’ai toujours pas terminé mon adolescence. Dans tous les cas c’est dérangeant. Je suis un corps fragile habités de craintes, de démons et d’angoisses aussi grosses que King king, hm, j’en ai marre de ces ombres qui me kidnappent quand je semble aller mieux.

C’est drôle comme j’ai peur d’avancer sans elles, et c’est triste comme elles me pèsent et me lestent. Ca paraît vraiment banal, d’être angoissé.e. Je pense qu’il y a des degrés, aussi. Ces derniers jours je vis des angoisses profondes, comme enracinées dans ma chair, des diables qui me parlent dans mon coeur et me serrent les côtes quand j’ai besoin d’air. Inspire… Expire… Inspire… Expire… Respire… Je ne veux pas que ce soit pire.